Mon empreinte

La première fois que je suis revenu de l’école avec une note de la Mère supérieure s’adressant à mes parents j’avais huit ans. Non pas un avis disciplinaire mais un message précisant que j’étais habillé « trop propre » pour les autres élèves. Dans mon petit bled coincé dans les montagnes des Cantons de l’est, à l’époque de Duplessis, être différent pouvait être une simple question de couleur, d’ajustement ou de coquetterie.

Loin des métropoles où j’aurais pu apprendre la musique, la danse ou les arts, le vêtement déjà, sans le savoir, était mon outil d’expression. Cette fascination, cette passion pour la guenille m’a toujours habitée.
J’ai commencé à m’intéresser à l’aspect social de la parure dans les années ’80 et mon intérêt s’est modifié et transformé en une véritable quête, un besoin de comprendre la problématique et la dynamique de la relation corps/vêture/conscience.

Comme un architecte qui griffonne des croquis dans son calepin, je lis et note tout ce qui se dit et se publie sur le sujet. Depuis 18 mois, j’ai consacré tout mon temps à une démarche sur le regard que l’on porte sur soi, sur le vêtement, le miroir. Cet exercice, parfois difficile, m’a permis de comprendre mon histoire personnelle, ma trace.
Définitivement, notre relation au vêtement en dit long sur notre façon de voir la vie.