Le Blogue

Luc Breton, Le Blogue
Blogue numéro 6, le 16 janvier 2018

MA VIE EN 67 TEMPS

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Luc B 3

Le souffle court de la chatte qui dort et qui ronfle tout doucement en face de mon bureau est synchronisé au clic…clic….clic…. à peine perceptible mais constant et régulier de l’horloge. J’écoute le temps. Cela me détend (dé-temps). J’ai plutôt l’habitude de chercher du temps, manquer de temps, le prévoir, l’organiser, le fractionner et j’oublie d’en profiter, trop souvent.
Chaque année, à ma période anniversaire, j’écris d’instinct sur l’âge, mon âge, qui, complice du temps qui passe, suit son cours.
Combien de chanteurs, compositeurs et écrivains ont fait l’éloge du temps ou de ses frasques. Des chercheurs de tout ordre se sont intéressés à l’âge : prendre de l’âge, le vieillissement, ses impacts sur la société, l’économie (ça coute cher des vieux), la politique. D’autres se penchent sur leur sexualité, leur santé et leurs activités.

Cette année je n’ai pas le goût d’élaborer sur le jeunisme et l’âgisme. Je suis en plein dedans, je le vis, je le lis et je l’écris régulièrement. Oui, je sais, il y a de la discrimination reliée à l’embauche à cause de l’âge. Oui, les milléniaux, les X et les Y ont hâte qu’on décrisse. Oui les préjugés sont tenaces : «tasse-toi mon oncle» faisant allusion du danger au volant des «vieillissants» alors que les études démontrent le contraire. Il existe peu d’applications pour les gens de mon âge sur les téléphones intelligents et les tablettes parce que les manufacturiers croient à tort qu’on est trop tata pour les comprendre et les utiliser alors que la majorité d’entre nous se débrouillent très bien.

«Ce qui est terrible en vieillissant, c’est qu’on reste jeune.» Oscar Wilde

«PLUS ON EST ÂGÉ, PLUS ON SE SENT PLUS JEUNE QUE SON ÂGE!
Si en moyenne les gens se sentent sept ans plus jeunes que leur âge réel, plus ils sont âgés, plus cette différence augmente.
• Entre 18 et 24 ans, on se sent 2 ans plus vieux que son âge (on veut devenir quelqu’un à part entière dans la société);
• Entre 25 et 34 ans, on se sent 1 an plus jeune, mais en moyenne à 27 ans, on se sent de son âge;
• Entre 35 et 44 ans, on se sent 5 ans plus jeune;
• On se sent 8 ans plus jeune entre 45 et 54 ans;
• Plus jeune de 11 ans entre 55 et 64 ans;
• Et de 14 ans chez les 65 ans et plus!»
LE BLOGUE DE CROP, Sur notre radar cette semaine, Alain Giguère, 18 décembre 2017

UN ENFANT DE 67 ans
On se voit et on se sent peut-être plus jeune mais une partie de nous l’est encore davantage. Cette partie de l’enfance qui nous a forgés et dont on garde au plus profond de nous les empreintes. Des souvenirs heureux qui se heurtent à des situations tristes qu’on préférerait ne jamais voir remonter à la surface. Ce sont parfois nos réactions d’enfant blessé qui s’expriment et non l’adulte sensé et raisonnable qui parle.
Un enfant de 67 ans assis dans une chaise haute, en culottes courtes, le visage dégoulinant de pouding au caramel et qui s’affirme solidement pour en obtenir davantage. Cette image m’habite quand j’analyse certains de mes comportements que je tente en vain de corriger.
Notre environnement humain est une grande garderie pour adultes et malgré nos enveloppes extérieures qui simulent l’équilibre, nos comportements infantiles témoignent des traces laissées par nos premières années de vie.
Dans mes ateliers, le thème des empreintes de l’enfance surprend immanquablement les participants. Rien de mieux pour comprendre nos comportements vestimentaires actuels que de revisiter nos origines. Certaines de nos habitudes face à notre apparence trouvent leur explication dans notre histoire.

ÂGE, CORPS ET VÊTEMENT
“C’est la première génération qui met encore des jeans passé 60 ans. La seule chose qui peut parler du vieillissement de cette génération, c’est donc leurs corps…ces babyboomers pour qui le temps…à retarder les signes du vieillissement grâce au mélange des genres, des habillements et des mœurs [qui] se trouvent à présent face à la réalité d’un corps qui malgré tout, change et s’use.” Françoise Simpère, propos recueillis par Renée Greusard, 3 octobre 2017

Accepte-t-on de vieillir? La réponse classique est «oui si» je suis en possession de mes moyens et en santé. Est-ce que j’aime voir mon corps nu qui vieillit? NON! Y a-t-il une date de péremption sur la féminité et la virilité? Non plus!
Alors? Je vieillis mais…je ne baisse pas la garde pour autant. Ma vitalité accompagne le temps qui m’est imparti sur la terre. Et Le vêtement participe à cette vitalité. La question n’est pas de faire jeune mais sentir qu’on est de son époque, refuser d’être étiqueté et s’affirmer comme membre de la collectivité.

Vendredi pour mon anniversaire, mes amis d’enfance m’accompagneront au restaurant pour célébrer nos 60 ans d’amitié. Amitié, sincérité, sensibilité et vitalité, le plus précieux des cadeaux qu’un vieil enfant puisse recevoir.

«L’enfance appuie sur une touche du piano. Une note en sort dont la vibration fait la longueur de la vie, après quoi des déménageurs emportent le piano du cœur sous sa housse de sang rouge.» NOIRCLAIRE, Christian Bobin.


Luc Breton, Le Blogue
Blogue numéro 5, le 9 janvier 2018

SURVOL DE VOTRE PROFIL VESTIMENTAIRE EN 12 CLICS

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Les gens n’aiment pas beaucoup se décrire. Dans mon atelier «Je vêts bien», cette étape est plutôt laborieuse. La plupart des participants se méconnaissent et les mots pour se définir leur échappent, surtout les mots positifs. Et oui, au Québec, on a encore tendance à se décrire par la négative. Aussi, on a cette difficulté à se proclamer comme étant «beaux», «excellents», «intelligents» voire «élégants» même, de peur d’être considéré prétentieux, vantard, grande gueule. Quoi qu’on en pense, nos vieilles racines judéo-chrétiennes nous collent encore à la peau et notre vocabulaire en témoigne.

Je vous propose donc un exercice simple qui vous permettra de mettre sur papier les traits qui vous caractérisent et qui vous aideront à comprendre votre relation au vêtement et à votre apparence vestimentaire, une fiche technique en quelque sorte.
Notre être est une mosaïque du passé et du présent, de nos sentiments et de nos émotions, de nos désirs et nos besoins, de nos peurs, nos joies, nos bons coups comme les plus terribles, de vérités et de faussetés.
Cet exercice se veut un premier jet, comme un texte qu’on écrit sans s’arrêter, sans se questionner pour ne pas perdre le filon suite à une idée qui a jailli et qu’on peaufinera plus tard. Autrement dit, oubliez la censure personnelle et la performance et écrivez à chaque étape le (s) mot(s) qui vous viennent en tête. Plus vous répondrez spontanément, plus vous éviterez de vous saboter.
Avec le recul, plus tard, il vous sera possible de faire des liens entre votre relation au vêtement et les autres activités de votre vie. Ne vous arrêtez pas au fait qu’à l’occasion vos réponses peuvent semblées contradictoires. Ce chassé-croisé est propice à cela.
Je vous propose à titre d’exemple, quelques histoires abrégées entendues dans mes ateliers ou que des gens m’ont racontées. Mais avant de débuter l’exercice, certaines expressions méritent des explications vulgarisées (dans le contexte vêtement, apparence et image afin d’éviter un débat sur les jeux de mots…).

LA MARQUE DE COMMERCE : Éléments auxquels on m’associe. Par exemple, mes bracelets que je porte depuis ma tendre enfance et mes styles de lunettes qui changent régulièrement.
LE CONCEPT DE SOI : comment je me définis. Personnellement je me vois comme un grincheux sympathique, curieux et ambitieux.
LA CICATRICE : empreinte causée par des situations du passé concernant mon rapport au vêtement et aux apparences et qui aujourd’hui me coince.
LE PRÉJUGÉ À CORRIGER : idée préconçue que j’entretiens et qui me mène sur de fausses pistes.
LA PHOBIE VESTIMENTAIRE : vêtement ou accessoire qui me conviendrait très bien mais que je refuse de porter à cause de l’association que j’en fais.
RÉFÉRENCE PROFESSIONNELLE : modèle qui m’inspire dans le monde des affaires. Par exemple, Peter Simmons pour moi.
L’INFLUENCE VESTIMENTAIRE : modèle du milieu des arts, de la télévision, du web, etc. qui est une référence vestimentaire. Par exemple, Pierre Lapointe m’inspire.
Le SOSIE : quelqu’un qui correspond à mon enveloppe extérieure. Par exemple, les fois où on m’a comparé à Elvis Costello ne se comptent plus.
La CITATION PRÉFÉRÉE: une phrase qui me revient souvient en tête et qui exprime bien mon état d’être.
LE DÉFI : garder ma signature vestimentaire malgré le fait que j’avance en âge et conséquemment mon corps qui se modifie.
L’ACTION À PRENDRE : quel changement (raisonnable et réalisable) dois-je effectuer pour développer une relation harmonieuse avec mon image (visuelle, corporelle, sensorielle).

L’histoire de Gloria Rodrigue

Toute sa vie Gloria luttera pour être mince et se défaire de ses habitudes alimentaires. «Des enfants dodus sont des enfants qu’on a pris soin» lui enseignaient ses parents.

SA FICHE TECHNIQUE

Âge : 48 ans
Sa marque de commerce : s’excuse sans arrêt pour son poids
Son concept de soi : «Mon mari m’appelle son béluga d’amour»
Sa cicatrice : les minces sont «winners», les gros sont «loosers»
Préjugé à corriger : les minces ont plus de succès
Phobie vestimentaire : le fleuri
Référence professionnelle : Oprah
Influence vestimentaire (référence) : Marie-Josée Lord, art lyrique
Son sosie : Rosie O’Donnel, actrice et humoriste américaine
Son défi : ronde et sexy
Sa citation (phrase fétiche) : «Il n’y a point de bonheur sans courage, ni de vertu sans combat», Jean-Jacques Rousseau
L’action à prendre : Risquer du fleuri (ou un imprimé) lors de son prochain achat sans s’imaginer qu’elle ressemble au Jardin botanique en fleurs

L’histoire de Dwight McGillivray
Ses parents l’ont ainsi baptisé en l’honneur d’Elton John, de son vrai nom Reginald Dwight. Né de parents anglophones, il a fréquenté les écoles francophones. Ses cheveux roux ont fait l’objet de nombreux sarcasmes à l’école.

SA FICHE TECHNIQUE

Âge : 37 ans
Sa marque de commerce : ses cheveux roux
Son concept de soi : je suis trop différent
Sa cicatrice : l’exclusion. À l’école on le surnommait Nesbitt (boisson gazeuse à l’orange
Préjugé à corriger : aucune marque de vêtements ne s’intéresse aux roux
Phobie vestimentaire : les vêtements parfaitement coordonnés
Référence professionnelle : le prince Harry
Influence vestimentaire (référence) : Ed Sheeran
Son sosie : Rupert Grint dans Harry Potter
Son défi : la revanche des roux
Sa citation (phrase fétiche) : Orange is fashion
L’action à prendre : consulter un(e) styliste spécialisé dans la mode masculine qui lui ouvrirait l’esprit et les portes de produits lui convenant. Une seule rencontre peut suffire.

L’histoire de Johanne Beauchamp

Johanne a grandi en banlieue de Thetford Mines. Pour elle, tout était gris. La mine et ses rebuts, la couleur des maisons sans compter le peu d’éclat de son environnement humain. Quand sa tante de Montréal visitait sa famille, deux fois l’an, son accoutrement avec ses énormes chapeaux décorés d’un oiseau à leur sommet la transportaient dans un autre monde.

SA FICHE TECHNIQUE

Âge : 55 ans
Sa marque de commerce : son élégance
Son concept de soi : «j’ai tellement l’air de rien»
Son préjugé à corriger : la vie est plus facile pour les belles personnes
Sa cicatrice : «sois comme tout le monde, sinon…»
Phobie vestimentaire : un jean et un t-shirt
Référence professionnelle : Lise Watier
Influence vestimentaire (référence sociale) : Sophie Prégent
Son sosie : Marie-Hélène Thibault, comédienne
Son défi : aller simplement au dépanneur sans se maquiller (soigner son perfectionnisme)
Sa citation (phrase fétiche) : « Le vêtement poétise le corps », Jean Cocteau.
L’action à prendre : élargir son champ d’action dans ses choix de vêtements. Un style plus détendu n’est pas synonyme de manque de classe ou d’élégance.

L’histoire de Maxime Morin
Maxime est gay, un gay ordinaire selon lui. Il ne comprend pas tous ces qualificatifs surfaits à l’égard des homosexuels : raffinés, stylés, cultivés, affables. Des potiches à ses dires.

SA FICHE TECHNIQUE

Âge : 28 ans
Sa marque de commerce : il porte toujours les mêmes vêtements
Son concept de soi : «Je suis comme tout le monde» et rappelle à qui veut l’entendre que le mot gay est l’acronyme de «good as you»
Sa cicatrice : «pourquoi faut-il que ça paraisse?»
Préjugé à corriger : être stylé sans être gay
Phobie vestimentaire : paillettes, brillants, transparence et les imprimés Versace qui font vieilles tapettes de Miami
Référence professionnelle : Mark Zuckerberg (Facebook)
Influence vestimentaire (référence sociale) : Stéphan Bureau
Son sosie : Matt Damon, acteur américain
Son défi : détapettiser la mode
Sa citation (phrase fétiche) : «Il convient à l’homme de choisir un habit simple», Sénèque.
L’action à prendre : faire une recherche sur les looks du milieu gay depuis les années 1970 et réaliser qu’on est loin des «Village people», Liberace, et qu’aujourd’hui les hommes de sa génération portent un regard différent sur les looks à la mode.

L’histoire de Diane Guérin :
Les parents de Diane insistaient pour qu’elle soit différente du look uniforme de ses amies. Ils l’encourageaient à porter des chaussettes de couleurs différents ou des chaussures dépareillées, question de provoquer son entourage. «C’est trop comme tout le monde, affirme-toi», martelaient-ils. Son rêve, son signe de réussite, était d’avoir un job, un titre, lui permettant de porter un tailleur corporatif et un attaché-case.

SA FICHE TECHNIQUE

Âge : 45 ans
Sa marque de commerce : la rigueur vestimentaire, sans artifice
Sa cicatrice : être différent ne mène à rien et attire des problèmes
Préjugé à corriger : rigueur=crédibilité=succès
Phobie vestimentaire : un décolleté plongeant
Référence professionnelle : le costume des agents de bord
Influence vestimentaire (référence sociale) : Christiane Charette
Son sosie : Marie-Chantal Perron, comédienne
Son défi : assouplir ses tenues qui relèvent davantage de l’uniforme que du style
Sa citation (phrase fétiche) : «La simplicité est le secret de la réussite», André Rochette
L’action à prendre : casser sa rigueur vestimentaire en portant des accessoires simples, qui l’interpellent et non parce qu’ils sont «tendance»

À votre tour maintenant de résumé votre histoire et de compléter votre fiche technique

VOTRE HISTOIRE

VOTRE FICHE TECHNIQUE

Âge :
Votre marque de commerce :
Votre concept de soi :
Votre cicatrice :
Votre préjugé à corriger :
Votre phobie vestimentaire :
Votre référence professionnelle :
Votre influence vestimentaire (référence sociale)
Votre sosie :
Votre défi :
Votre citation (phrase fétiche) :
L’action à prendre :

 


 

Luc Breton, Le Blogue
Blogue numéro 4, 2 janvier 2018

Eugenie

ÉNIGME DU JOUR DE L’AN

Je vous propose pour débuter l’année cette énigme basée sur une histoire familiale. Toutes les familles ont une dynamique qui leur est propre et c’est souvent dans les rencontres de clan que le tempérament de chacun se manifeste.
Ces caractéristiques de la personnalité de chaque membre de la famille se retrouvent dans sa façon de socialiser, de se comporter au travail et évidemment dans sa signature vestimentaire.

UNE PHOTO SOUVENIR POUR EUGÉNIE ET ÉMILIEN

Eugénie, 87 ans, tient dans ses bras son arrière-petit-fils, né il y a trois semaines. Une fête est organisée pour célébrer l’événement. Un baptême symbolique sans cérémonie religieuse, un prétexte pour rassembler la famille et les amis et honorer en même temps les 92 ans d’Émilien, l’époux d’Eugénie.
Nathalie, l’aînée de la famille et l’instigatrice de la réunion, suggère que les invités portent du blanc pour l’occasion. Pierrot, son frère, considère cette idée ringarde, dépassée, et cela lui rappelle tristement les obligations dominicales de l’époque où il devait porter chemise blanche et cravate pour faire « propre » et «comme tout le monde».
Anne-Sophie, sa fille, n’y voit qu’un prétexte heureux pour s’enquérir d’une nouvelle robe. Elle sait très bien que son père, encore une fois, acquittera la dépense, trop fière du regard que les autres portent sur sa progéniture.
L’épouse de Pierrot, Francine, voit ce concept « du blanc » davantage comme une imposition qu’une suggestion. Elle supporte mal que Nathalie utilise ses droits d’aînesse pour imposer ses idées. Elle veut être libre de ses choix et maître à bord de son style.

Agathe, la cadette de la famille et bâton de vieillesse de ses parents, se plie à la consigne. Ce geste plaira à sa mère, si fière, et empêchera la discorde avec sa sœur Nathalie. Après tout, n’est-elle pas la grand-mère du faux baptisé?

Karolanne, sa fille et mère du bébé, se fiche de la couleur proposée et cherche un vêtement vaporeux pour cacher son ventre qu’elle ne réussit pas à perdre. Elle ne comprend pas pourquoi cette rondeur lui colle au corps.

Mélissa, la fille de Francine, issue d’une première relation, se fiche des conventions. Elle fréquente les friperies, est végétarienne, et ne comprend pas qu’on veuille simuler un baptême pas plus qu’un couple gay veuille se marier.
Anne-Sophie, sa demie sœur, résiste à l’envie de lui passer des commentaires acerbes sur sa tenue « Plateau ».

Eugénie, qui pose solennellement pour la postérité, laisse voir un cou emperlé alors qu’Émilien insiste pour porter ses bretelles. Chacun prend sa place. «Cheese! Souriez!» La famille est immortalisée.
***

Dans les ateliers que j’anime sur les comportements vestimentaires, je propose aux participant-es de revisiter leur dynamique familiale parce que très souvent s’y cache une explication à leur relation actuelle au vêtement.

Les buts de cet exercice peuvent se décliner ainsi :

1. Reconnaître la dynamique de groupe de votre famille.
Par exemple, est-ce que vous anticiper les comportements d’un frère ou d’une sœur? Y a-t-il des sujets délicats à éviter? Ces rencontres familiales sont-elles très importantes pour vous ou au contraire un passage obligé dans l’année?

Avez-vous l’impression de modifier votre apparence vestimentaire dans les réunions familiales pour éviter les remarques d’un frère ou la jalousie d’une belle-sœur?
À l’inverse, succombez-vous à la tentation d’en mettre plein la vue pour épater la galerie ou inconsciemment montrer aux autres que vous êtes créatifs et audacieux?

2. Reconnaître vos préjugés face aux «façons d’être» des membres de votre famille.
Par exemple, dans l’histoire présentée plus haut, Anne-Sophie semble avoir un préjugé sur le look « Plateau Mont-Royal». Avez-vous la manie d’étiqueter certains membres de votre clan qui selon vous sont «over dress», Bobo, Hipster ou «quétaine»?

3. Identifier votre positionnement dans la famille
À quel personnage vous associez vous et pourquoi?
Nathalie (l’organisatrice), Pierrot (le rebelle), Anne-Sophie (la fille à papa), Francine (la contrariée), Agathe (celle qui redoute la chicane et qui achète la paix), Karolanne (celle qui est préoccupée par son image corporelle), Mélissa (celle qui se veut à contre-courant), Eugénie et Émilien (d’une élégance classique et d’une autre époque»).

Selon le personnage auquel vous vous identifiez, quel aurait été votre style vestimentaire : couleur, tissu (coton, lin, soie, laine, cuir, synthétique), décontracté, chic, 5 à 7, artistique, romantique, sexy, etc.

Le temps des Fêtes est une période propice pour observer nos comportements vestimentaires mais toutes les rencontres et les célébrations en famille nous permettent de faire le lien histoire familiale/ rapport à l’image vestimentaire.

J’aimerais vous entendre sur le sujet. Je vous invite à laisser vos commentaires.

Que 2018 nous apporte une joyeuse complicité avec le vêtement et la fierté de notre audace.

 


 

Luc Breton, Le Blogue
Numéro 3, 26 décembre 2017

NoelImaginez un garçon de 12 ans en 1963 qui n’aime pas pratiquer les sports et qui déteste le hockey alors que son père, ses frères, sa soeur et ses oncles en raffolent. Qui plus est, cette activité est la seule offerte dans le village hormis la messe le dimanche. Sport national, symbole de virilité, de vrais gars, le hockey est une religion et y prêter serment vous assure l’appartenance à la gang et élimine tout doute sur votre orientation sexuelle. Un homme n’est pas complet sans le hockey. Ne pas s’adonner à ce sport, pis encore, ne pas s’y intéresser, vous exclut du monde des mâles et les autorisent à vous considérer comme un homme de seconde classe.

Sylvio est en froid avec son père, sans raison apparente, le courant ne passe pas. Les échanges sont polis quoique brefs. Aucune prise de bec depuis des mois, rien à signaler. Sylvio a des aptitudes pour la cuisine et semble coupé du monde des mâles. Il «fait le marché» avec sa mère et le plaisir est de la partie. Des larrons en foire. Monsieur Bertrand craint que son fils soit le confident de son épouse et qu’elle lui voue trop de délicatesse. Il se sent exclu de cette relation. «Ce garçon est trop près de sa mère» rétorquera-t-il. «On sait ce qui arrive dans ce temps là…». Il souhaiterait se rapprocher de sa femme qu’il sent distante. Pourquoi Sylvio ne l’aiderait-il pas à percer le mystère de son épouse? Peut-être connaît-il la cause de son insatisfaction et voudrait la partager avec son père.

Une fois par mois, ses économies en poche, Sylvio écume les boutiques de la ville la plus proche avec son amie Ninon et établit un plan d’action pour l’achat de ses vêtements. Bien au fait du « look tolérable et acceptable» dans son bled, il se coordonne des vêtements «bon chic bon genre» qui se rapprochent davantage du style de sa mère que ceux de son père et de ses frères. Cette tendance excède monsieur Bertrand qui voit dans les manœuvres vestimentaires de son fils une opposition au chef de la famille et un choix clair du garçon de développer davantage sa relation avec sa mère. Façon inconsciente de signifier au père qu’il refuse son offre d’être un mouchard et qu’il a choisi son camp.

Pour Noel cette année-là, les rituels de remises des cadeaux ont pris une autre tangente. Pas de cadeaux communs du père et de la mère mais plutôt des présents personnalisés de chaque parent. Pas de cartes de souhaits traditionnelles à la formule brevetée accrochées aux cadeaux «De tes parents qui sont fiers de toi» ou encore «Au meilleur des fils». Homme à la phrase courte, monsieur Bertrand griffonnera un simple «À Sylvio, de ton père» accroché au cadeau.
Vers 20 heures, toute la famille se rassemble près du sapin de Noël pour le partage des cadeaux. Fébrile, Sylvio attaque le présent que lui tend sa mère. «L’Encyclopédie de la cuisine canadienne (1963)» et «La psychologie des couleurs». Il hume le parfum dégagé par les pages d’un livre neuf, jamais utilisé et s’empresse à regarder les photos accompagnant les recettes. À son tour, son père lui offre une boîte, énorme, qui laisse à penser que s’y trouve un appareil pour cuisiner ou peut-être un téléviseur pour sa chambre où il pourrait se réfugier pendant les séries éliminatoires de hockey. Ces interminables soirées où les hommes monopolisent le salon et où les odeurs de cigarettes et de bière empestent la maison.
Tous s’interrogent sur le contenu de cette boîte, surpris par l’initiative de leur père d’offrir autre chose que des boutons de manchettes, des ceintures, des bas et des bretelles appareillés ou une boîte de cigares.

Sylvio est sceptique et doute soudainement des bonnes intentions de son père. «Trop de bonne humeur, le père» lui siffle sa petite voix intérieure. Sylvio imite un boxeur qui assaille son ennemi et se lance à l’assaut du gros cadeau et d’un coup sec déchiquette la boîte avec fracas. Son contenu se répand sur les restes des papiers d’emballage et de choux décoratifs. Des gants, des patins, des jambières, une tuque et le chandail de hockey du club Canadiens, le kit total, aussi bien coordonné que les vêtements qu’il déniche en ville avec Ninon. Pour mettre un peu de sel dans les plaies, son frère au regard narquois le somme d’essayer le chandail et la tuque en guise de remerciements pour son père.
Sylvio escamote un blasphème et se retire dans sa chambre. Par ce geste provocateur, son père délégitime ses goûts et son être tout entier, une mission pour ramener fiston à l’ordre. Un cadeau rempli de symbolique «Tu seras comme nous, les gars», un cadeau «affiliation». Sylvio n’oubliera jamais ce «black Christmas» rempli de tristesse, ce cadeau «punition».

«Son fils, ce garçon clairvoyant, perce à ce jour ce mensonge, se rend compte que le souci permanent des apparences n’a rien à voir avec le véritable amour….Il dirige donc cette haine contre lui-même, inconsciemment convaincu d’avoir mérité ce mensonge et cette froideur» Notre corps ne ment jamais, Alice Miller, Flammarion


 

Luc Breton, Le blogue
Blogue numéro 2.  19 décembre 2017

Le vêtement et le couple

LUC 1982

 

Qui ne se souvient pas de cette époque pas si lointaine des couples qui s’habillaient à l’identique et qui fièrement, se promenant main dans la main, débordaient d’assurance en nous étalant toute leur quincaillerie? À l’opposé, on a traversé une autre période tout aussi déconcertante, celle des couples dépareillés. Elle, tirée à quatre épingles, et lui, directement sorti de son garage sans passer par la salle de bain, les mains enfoncées dans ses poches, le dos courbé à la manière de l’ado nonchalant. Le couple improbable.

 

Je traite régulièrement de la relation qu’entretient un individu avec le vêtement, mais rarement je me suis penché sur la place du vêtement dans le couple. Place de grande importance lors de la première rencontre, décisive même, parce qu’avant même que vous ayez prononcé le moindre mot, votre tenue

vestimentaire avait investi cupidon de son pouvoir magique.

L’idée du sujet m’est venue parce que je célébrerai le 22 décembre prochain (ce jeudi) mes 30 ans de vie commune avec mon mari. Le vêtement a été témoin de ces trois décennies de notre vie de couple. Nos différents looks, tout comme nos habitudes alimentaires, les mouvements musicaux, les tendances sociales, les fluctuations des marchés boursiers et l’évolution des réseaux sociaux ont modelé cette période de notre vie.

REJEAN_YATCH2QUAND LE PRINCE CHARMANT DÉBARQUE

Arrive dans notre vie une personne qui nous enchante par sa personnalité et ses qualités compatibles aux nôtres. Mais «l’autre» se présente aussi avec ses habitudes vestimentaires, son esthétique, ses manies, sa façon de gérer sa section dans le placard, ses innombrables t-shirts roulés selon un code que lui seul décrypte et son obsession pour ses chaussettes classées par couleur.

«L’autre», lui,  doit supporter nos insécurités matinales face à la penderie, nos lamentations, nos idées fixes sur notre corps et nos interminables questionnements lors de nos virées shopping.

Comment sauvegarde-t-on son identité vestimentaire dans une relation amoureuse sans renoncer à ses goûts et son style? Jusqu’à quel point doit-on faire des concessions pour satisfaire l’autre? Avons-nous une emprise, peu subtile et persistante sur l’image visuelle de chéri qu’on souhaiterait inconsciemment aussi actuelle que la nôtre?  Une dynamique particulière s’est-elle installée insidieusement dans votre couple? Des règles se sont-elles  établies à la satisfaction des deux parties? Comment ne pas faire ombrage à l’autre ou s’effacer devant son style?

Chez nous par exemple, le look «salière-poivrière» du ti-couple vêtu presque pareil nous déprime littéralement. On doit donc se consulter. «Si tu portes ta casquette noire, je mettrai mon chapeau rouge»; «Si tu tailles ta barbe en pointe, la mienne sera carrée sous le menton»; ton parfum ou le mien, on se garde une petite gêne olfactive. Les looks parfaits, à la «Creton» de l’émission «La petite vie», déjà formatés, ne nous conviennent pas.

Ma singularité est ma signature vestimentaire, mais existe-t-il une signature de couple, une communion des styles? Cette osmose est possible dans le respect de la personnalité de l’autre parce qu’à travers les années, non seulement les styles se sont modifiés, mais il a bien fallu les adaptés aux changements de nos corps, inéluctablement. Nos chevelures noires de jais et abondantes ont cédé sous le poids des années pour faire place à des têtes dénudées grises et blanches. Nos tailles de guêpe si fièrement offertes au soleil de Key West ne sont plus que souvenir et on a dû faire le deuil de ces boutiques n’offrant que des pantalons à la taille basse et aux chemises cintrées. Qu’à cela ne tienne, la coquetterie ne s’éteint pas avec les années et l’allure de jeune premier est un état d’esprit.

 

LE REGARD DE L’AUTRE

Le regard du conjoint aussi s’est adapté aux remous causés par les années. Alors que le regard des autres, celui de la société, de nos collègues de travail, peut être interprété comme du jugement, de la désapprobation, au point de modifier voire même sacrifier notre élan stylistique,  LE regard de l’autre, le bon regard, nous console, nous réconforte dans nos choix et nous stimule. Cet oeil du conjoint sait nuancer nos commentaires assassins et nos critiques démesurées sur notre allure. C’est que l’autre ne me voit pas comme je me vois et la valeur qu’il m’accorde va au-delà de mon image visuelle. Il sait mieux que moi décoder mes humeurs et mes variations de styles. L’amoureux a vite compris que mon langage vestimentaire s’inscrivait dans une suite logique de mes comportements dans la vie et que mon passé et mon présent pictural ne sont qu’une question d’interprétation de ma personnalité, sans simulacre.

Qui ne se souvient pas de cette époque pas si lointaine des couples qui s’habillaient à l’identique et qui fièrement, se promenant main dans la main, débordaient d’assurance en nous étalant toute leur quincaillerie? À l’opposé, on a traversé une autre période tout aussi déconcertante, celle des couples dépareillés. Elle, tirée à quatre épingles, et lui, directement sorti de son garage sans passer par la salle de bain, les mains enfoncées dans ses poches, le dos courbé à la manière de l’ado nonchalant. Le couple improbable.

 

Je traite régulièrement de la relation qu’entretient un individu avec le vêtement, mais rarement je me suis penché sur la place du vêtement dans le couple. Place de grande importance lors de la première rencontre, décisive même, parce qu’avant même que vous ayez prononcé le moindre mot, votre tenue vestimentaire avait investi cupidon de son pouvoir magique.

L’idée du sujet m’est venue parce que je célébrerai le 22 décembre prochain (ce jeudi) mes 30 ans de vie commune avec mon mari. Le vêtement a été témoin de ces trois décennies de notre vie de couple. Nos différents looks, tout comme nos habitudes alimentaires, les mouvements musicaux, les tendances sociales, les fluctuations des marchés boursiers et l’évolution des réseaux sociaux ont modelé cette période de notre vie.

 

QUAND LE PRINCE CHARMANT DÉBARQUE

Arrive dans notre vie une personne qui nous enchante par sa personnalité et ses qualités compatibles aux nôtres. Mais «l’autre» se présente aussi avec ses habitudes vestimentaires, son esthétique, ses manies, sa façon de gérer sa section dans le placard, ses innombrables t-shirts roulés selon un code que lui seul décrypte et son obsession pour ses chaussettes classées par couleur.

«L’autre», lui,  doit supporter nos insécurités matinales face à la penderie, nos lamentations, nos idées fixes sur notre corps et nos interminables questionnements lors de nos virées shopping.

Comment sauvegarde-t-on son identité vestimentaire dans une relation amoureuse sans renoncer à ses goûts et son style? Jusqu’à quel point doit-on faire des concessions pour satisfaire l’autre? Avons-nous une emprise, peu subtile et persistante sur l’image visuelle de chéri qu’on souhaiterait inconsciemment aussi actuelle que la nôtre?  Une dynamique particulière s’est-elle installée insidieusement dans votre couple? Des règles se sont-elles  établies à la satisfaction des deux parties? Comment ne pas faire ombrage à l’autre ou s’effacer devant son style?

 

Chez nous par exemple, le look «salière-poivrière» du ti-couple vêtu presque pareil nous déprime littéralement. On doit donc se consulter. «Si tu portes ta casquette noire, je mettrai mon chapeau rouge»; «Si tu tailles ta barbe en pointe, la mienne sera carrée sous le menton»; ton parfum ou le mien, on se garde une petite gêne olfactive. Les looks parfaits, à la «Creton» de l’émission «La petite vie», déjà formatés, ne nous conviennent pas.

Ma singularité est ma signature vestimentaire, mais existe-t-il une signature de couple, une communion des styles? Cette osmose est possible dans le respect de la personnalité de l’autre parce qu’à travers les années, non seulement les styles se sont modifiés, mais il a bien fallu les adaptés aux changements de nos corps, inéluctablement. Nos chevelures noires de jais et abondantes ont cédé sous le poids des années pour faire place à des têtes dénudées grises et blanches. Nos tailles de guêpe si fièrement offertes au soleil de Key West ne sont plus que souvenir et on a dû faire le deuil de ces boutiques n’offrant que des pantalons à la taille basse et aux chemises cintrées. Qu’à cela ne tienne, la coquetterie ne s’éteint pas avec les années et l’allure de jeune premier est un état d’esprit.

 

LE REGARD DE L’AUTRE

Le regard du conjoint aussi s’est adapté aux remous causés par les années. Alors que le regard des autres, celui de la société, de nos collègues de travail, peut être interprété comme du jugement, de la désapprobation, au point de modifier voire même sacrifier notre élan stylistique,  LE regard de l’autre, le bon regard, nous console, nous réconforte dans nos choix et nous stimule. Cet oeil du conjoint sait nuancer nos commentaires assassins et nos critiques démesurées sur notre allure. C’est que l’autre ne me voit pas comme je me vois et la valeur qu’il m’accorde va au-delà de mon image visuelle. Il sait mieux que moi décoder mes humeurs et mes variations de styles. L’amoureux a vite compris que mon langage vestimentaire s’inscrivait dans une suite logique de mes comportements dans la vie et que mon passé et mon présent pictural ne sont qu’une question d’interprétation de ma personnalité, sans simulacre.

 


 

BLOGUE Numéro 1 
Le 12 décembre 2017

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OSER ÊTRE SOI…BONNE CHANCE, GOOD LUCK

Le 1er janvier approche à grands pas. Vite, pensez à vos résolutions pour la nouvelle année. Il faudrait, il faudrait, il faudrait…que je sois plus relaxe, plus zen, que je surveille davantage mon alimentation, fasse plus d’exercice, pense à moi un peu plus…La même liste que l’an dernier finalement.

Être bien dans sa peau est un must maintenant, voire une tyrannie. Le mieux-être, le bien-être, s’accepter, se choisir, s’estimer, s’affirmer, s’affranchir, lâcher prise et vivre le moment présent exigent une vigilance de tous les instants.
L’intention est louable et on se souhaite tous d’être libérés de nos démons pour enfin respirer par le nez et vivre le plus sereinement possible notre quotidien.

Quand j’ai commencé à m’intéresser et à me documenter sur les habitudes et les comportements vestimentaires des gens et par ricochet, de mes propres manies, cette question m’obsédait presque : «Pourquoi est-ce si difficile de s’aimer, de s’évaluer à sa juste valeur et d’être satisfait de son apparence vestimentaire?»
Le regard de l’autre s’avérait être une partie de la réponse. L’importance que j’accorde à ce que l’autre pense de moi conditionne mes comportements et l’interprétation que j’en fais, souvent erronée, peut me mener sur de mauvaises pistes.

C’était avant les réseaux sociaux.
Maintenant le regard de l’autre a un compère (ou une commère, je ne sais plus si je dois utiliser le féminin ou le masculin), l’opinion. L’opinion de tous, sur tout.

La semaine dernière par exemple sur Facebook, deux débats ont retenu mon attention. D’abord celui concernant le documentaire «Bye» dans lequel apparaît Alexandre Taillefer. Monsieur Taillefer utiliserait ce documentaire à des fins de propagandes personnelles et ferait fausse route en abordant la situation du suicide sous l’angle qu’il a choisi. Manipulation! Ranger vos mouchoirs.

Le deuxième débat vise la vente de livres au Québec. Un livre sur trois au Québec est un titre jeunesse. Mais la littérature jeunesse selon certains qui se prononçaient sur le sujet, serait de la sous-littérature alors que d’autres tiennent à faire la distinction entre littérature et divertissement. Et que dire de ce phénomène à vomir des livres de recettes qui sont au premier rang des 10 livres les plus vendus. Quant à lui, le «Guide de l’auto 2018» se classerait au cinquième rang. Quel petit peuple d’incultes et d’ignares sommes-nous. La GRANDE littérature au Québec fond comme la banquise du phoque en Alaska.

Pour nous achever, les grands titres des nouvelles à la télé nous informent que la cigarette est interdite sur la scène d’un théâtre, que matrimoine et patrimoine s’affrontent, que les Anglos sont irrités par le Hi-Bonjour et que Blanche neige n’était peut-être pas consentante à ce que les 7 nains lui fassent la bise et qu’il faudrait donc revoir cette histoire pour enfants.

L’INTOLÉRANCE
L’opinion accouche à son tour d’un autre monstre, L’INTOLÉRANCE. Le débat entourant le documentaire «Bye» et celui sur la littérature jeunesse résonne comme de la douceur si on compare à l’intolérance qui se manifeste maintenant.
Curieux hasard, comme je me prépare à publier mon premier blogue, une amie m’achemine cet article de La Presse de ce matin dont voici un extrait : «Elle (la peur) était le principal vecteur d’intérêt au Québec. Si le phénomène n’est pas nouveau, il a connu une croissance qui frôle les 300 % entre 2001 et 2016. La peur est universelle. Elle n’a pas de couleur, de genre ou de religion. Il n’est pas nécessaire de l’expliquer. Il suffit de vous la faire sentir. Les réseaux sociaux ont joué un rôle d’amplificateur important dans ce phénomène.»
EN 2017, DE LA PEUR À L’INTOLÉRANCE, Jean-François Dumas, président d’Influence communication.

Allons-y, on se prononce, on accuse, on juge, on commente, on ne fait pas dans la dentelle. Cœurs sensibles, s’abstenir. Et c’est là que le bât blesse. Toute cette volonté et cette détermination qu’on souhaite à chacun pour développer l’affirmation de soi risque d’être annihilée par ce derby de démolition sociale.

Oser être soi…bonne chance, good luck. Ce mouvement «d’opinions» se situe à l’opposé d’un autre phénomène social, celui du mieux-être. Mieux-être dans son image visuelle, corporelle et sensorielle. Il faut drôlement être blindé aujourd’hui pour «se choisir» et sortir le moindrement des rangs. Les voix discordantes se font entendre. «Just talking», qu’ils disent. Non, «bullshiting» serait plus approprié.

Alors, pour éviter les faux pas vestimentaires, on minimise les risques et l’audace en prend pour son rhume. Pourtant, notre instinct et notre intuition devraient primer sur le regard de l’autre. C’est ce que je dois me répéter quand j’écris sinon je courberai l’échine. Souvent, très souvent, je doute, je me questionne et me demande si je suis à la hauteur. Les commentaires parfois sur les réseaux sont si blessants, si bas, qu’ils m’ébranlent. À l’adolescence, j’entendais des remarques semblables sur mon style vestimentaire et pourtant j’ai rarement fait de concessions sur mon apparence.

Alors j’écris, je risque, je prends position et je résiste à l’envie de fermer boutique tout comme je le fais avec ma signature vestimentaire. Je ne plie pas sous les dogmes du «trop vieux pour porter ceci», trop ceci, trop cela, ou encore les «cela ne se fait pas».
Donc j’écris pour le plaisir de partager avec vous mes rencontres, mes histoires même si je ne suis peut-être qu’un écriveux qui fait dans la psycho-pop à 5 cennes et qui a une écriture pompier. Vous me lisez parce que vous vous reconnaissez dans mon propos même si vos propres doutes vous amènent peut-être à vous demander si vous êtes capables de vous élever à un niveau supérieur, de conscience plus élevée face à vos habitudes et vos comportements vestimentaires. Comment pourrait-il en être autrement dans ce climat de mésestime?

FAUX-FUYANT
Il est tentant de céder sous le poids de la pression sociale pour stopper notre évolution et de nous affirmer. L’opinion et le regard de l’autre peuvent servir de prétexte, de faux-fuyant pour «s’écraser» et tomber dans une forme d’obsolescence de notre pensée, de notre style de vie et de notre apparence vestimentaire.

J’abonde dans le sens de Geneviève St-Germain (Facebook, 10 décembre 2017)
«Bien sûr qu’il n’y a pas qu’une seule vérité. Mais il y a la complaisance dans l’ignorance aussi. Et le bonheur dans l’indifférence et l’absence d’aspiration…» «Oui, on peut vivre heureux et volontairement ignorants.»

Cela dit, qu’est-ce qu’on attend pour être beaux?

Photo tirée du film Psychose

OSER ÊTRE SOI…BONNE CHANCE, GOOD LUCK

Le 1er janvier approche à grands pas. Vite, pensez à vos résolutions pour la nouvelle année. Il faudrait, il faudrait, il faudrait…que je sois plus relaxe, plus zen, que je surveille davantage mon alimentation, fasse plus d’exercice, pense à moi un peu plus…La même liste que l’an dernier finalement.

Être bien dans sa peau est un must maintenant, voire une tyrannie. Le mieux-être, le bien-être, s’accepter, se choisir, s’estimer, s’affirmer, s’affranchir, lâcher prise et vivre le moment présent exigent une vigilance de tous les instants.
L’intention est louable et on se souhaite tous d’être libérés de nos démons pour enfin respirer par le nez et vivre le plus sereinement possible notre quotidien.

Quand j’ai commencé à m’intéresser et à me documenter sur les habitudes et les comportements vestimentaires des gens et par ricochet, de mes propres manies, cette question m’obsédait presque : «Pourquoi est-ce si difficile de s’aimer, de s’évaluer à sa juste valeur et d’être satisfait de son apparence vestimentaire?»
Le regard de l’autre s’avérait être une partie de la réponse. L’importance que j’accorde à ce que l’autre pense de moi conditionne mes comportements et l’interprétation que j’en fais, souvent erronée, peut me mener sur de mauvaises pistes.

C’était avant les réseaux sociaux.
Maintenant le regard de l’autre a un compère (ou une commère, je ne sais plus si je dois utiliser le féminin ou le masculin), l’opinion. L’opinion de tous, sur tout.

La semaine dernière par exemple sur Facebook, deux débats ont retenu mon attention. D’abord celui concernant le documentaire «Bye» dans lequel apparaît Alexandre Taillefer. Monsieur Taillefer utiliserait ce documentaire à des fins de propagandes personnelles et ferait fausse route en abordant la situation du suicide sous l’angle qu’il a choisi. Manipulation! Ranger vos mouchoirs.

Le deuxième débat vise la vente de livres au Québec. Un livre sur trois au Québec est un titre jeunesse. Mais la littérature jeunesse selon certains qui se prononçaient sur le sujet, serait de la sous-littérature alors que d’autres tiennent à faire la distinction entre littérature et divertissement. Et que dire de ce phénomène à vomir des livres de recettes qui sont au premier rang des 10 livres les plus vendus. Quant à lui, le «Guide de l’auto 2018» se classerait au cinquième rang. Quel petit peuple d’incultes et d’ignares sommes-nous. La GRANDE littérature au Québec fond comme la banquise du phoque en Alaska.

Pour nous achever, les grands titres des nouvelles à la télé nous informent que la cigarette est interdite sur la scène d’un théâtre, que matrimoine et patrimoine s’affrontent, que les Anglos sont irrités par le Hi-Bonjour et que Blanche neige n’était peut-être pas consentante à ce que les 7 nains lui fassent la bise et qu’il faudrait donc revoir cette histoire pour enfants.

L’INTOLÉRANCE
L’opinion accouche à son tour d’un autre monstre, L’INTOLÉRANCE. Le débat entourant le documentaire «Bye» et celui sur la littérature jeunesse résonne comme de la douceur si on compare à l’intolérance qui se manifeste maintenant.
Curieux hasard, comme je me prépare à publier mon premier blogue, une amie m’achemine cet article de La Presse de ce matin dont voici un extrait : «Elle (la peur) était le principal vecteur d’intérêt au Québec. Si le phénomène n’est pas nouveau, il a connu une croissance qui frôle les 300 % entre 2001 et 2016. La peur est universelle. Elle n’a pas de couleur, de genre ou de religion. Il n’est pas nécessaire de l’expliquer. Il suffit de vous la faire sentir. Les réseaux sociaux ont joué un rôle d’amplificateur important dans ce phénomène.»
EN 2017, DE LA PEUR À L’INTOLÉRANCE, Jean-François Dumas, président d’Influence communication.

Allons-y, on se prononce, on accuse, on juge, on commente, on ne fait pas dans la dentelle. Cœurs sensibles, s’abstenir. Et c’est là que le bât blesse. Toute cette volonté et cette détermination qu’on souhaite à chacun pour développer l’affirmation de soi risque d’être annihilée par ce derby de démolition sociale.

Oser être soi…bonne chance, good luck. Ce mouvement «d’opinions» se situe à l’opposé d’un autre phénomène social, celui du mieux-être. Mieux-être dans son image visuelle, corporelle et sensorielle. Il faut drôlement être blindé aujourd’hui pour «se choisir» et sortir le moindrement des rangs. Les voix discordantes se font entendre. «Just talking», qu’ils disent. Non, «bullshiting» serait plus approprié.

Alors, pour éviter les faux pas vestimentaires, on minimise les risques et l’audace en prend pour son rhume. Pourtant, notre instinct et notre intuition devraient primer sur le regard de l’autre. C’est ce que je dois me répéter quand j’écris sinon je courberai l’échine. Souvent, très souvent, je doute, je me questionne et me demande si je suis à la hauteur. Les commentaires parfois sur les réseaux sont si blessants, si bas, qu’ils m’ébranlent. À l’adolescence, j’entendais des remarques semblables sur mon style vestimentaire et pourtant j’ai rarement fait de concessions sur mon apparence.

Alors j’écris, je risque, je prends position et je résiste à l’envie de fermer boutique tout comme je le fais avec ma signature vestimentaire. Je ne plie pas sous les dogmes du «trop vieux pour porter ceci», trop ceci, trop cela, ou encore les «cela ne se fait pas».
Donc j’écris pour le plaisir de partager avec vous mes rencontres, mes histoires même si je ne suis peut-être qu’un écriveux qui fait dans la psycho-pop à 5 cennes et qui a une écriture pompier. Vous me lisez parce que vous vous reconnaissez dans mon propos même si vos propres doutes vous amènent peut-être à vous demander si vous êtes capables de vous élever à un niveau supérieur, de conscience plus élevée face à vos habitudes et vos comportements vestimentaires. Comment pourrait-il en être autrement dans ce climat de mésestime?

FAUX-FUYANT
Il est tentant de céder sous le poids de la pression sociale pour stopper notre évolution et de nous affirmer. L’opinion et le regard de l’autre peuvent servir de prétexte, de faux-fuyant pour «s’écraser» et tomber dans une forme d’obsolescence de notre pensée, de notre style de vie et de notre apparence vestimentaire.

J’abonde dans le sens de Geneviève St-Germain (Facebook, 10 décembre 2017)
«Bien sûr qu’il n’y a pas qu’une seule vérité. Mais il y a la complaisance dans l’ignorance aussi. Et le bonheur dans l’indifférence et l’absence d’aspiration…» «Oui, on peut vivre heureux et volontairement ignorants.»

Cela dit, qu’est-ce qu’on attend pour être beaux?

Photo tirée du film Psychose